Un permis de conduire en échange de 60 h de bénévolat!

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De nombreux jeunes de milieux modestes n'arrivent pas à décrocher d'emploi faute de savoir conduire. Pour les aider, la Mission locale de Lens-Liévin teste une opération innovante : un permis financé à 90 % en échange de 60 h de bénévolat.

À 19 ans, Graziella, titulaire d'un CAP vente, est en recherche d'emploi. Mais quand on n'a pas le petit papier rose, décrocher un job relève presque du miracle. « J'ai passé trois entretiens, dans une boulangerie à Béthune, un hypermarché à Liévin et pour faire du porte-à-porte à Lille. À chaque fois on m'a fait remarquer que je n'avais pas mon permis et ma candidature n'a pas été retenue », témoigne la jeune femme. Issue d'un milieu modeste, avec une mère au foyer et un beau-père ne touchant qu'une petite retraite, Graziella est entrée dans un cercle vicieux : pas de permis, pas de travail. Et pas de salaire, pas d'inscription possible dans une auto-école, qui va lui proposer au mieux le forfait minimum de 25 leçons pour 900 E .
« Les chefs d'entreprises que nous invitons aux rencontres de l'emploi à Hénin confirment que de nombreux jeunes présentent des profils intéressants, mais qu'ils sont pénalisés parce qu'ils n'ont pas le permis », souligne Laurent Duporge.

Une bourse intercommunale
Face à ce constat, le président de la Mission locale de Lens-Liévin, un territoire fortement touché par le chômage chez les moins de 26 ans, a donc souhaité aller au-delà des subventions proposées par sa propre structure et les partenaires habituels que sont l'État, la Région et le Département.

« Nous avons mis en place une bourse intercommunale d'obtention du permis de conduire. En plus des aides déjà existantes, en échange de 60 heures de bénévolat dans une association de leur choix, les jeunes, selon des critères de ressources, peuvent désormais compter sur une participation de leur commune pouvant aller jusqu'à 500 E. Grâce à cela, on arrive à un permis de conduire financé à 90 % », détaille Laurent Duporge. À ce jour, dix communes, dont Liévin, ont accepté de jouer le jeu. Huit autres devraient les rejoindre d'ici à la fin de l'année.

Évidemment, Graziella n'a pas hésité une seconde lorsqu'on lui a proposé d'intégrer le processus. Après avoir effectué ses 60 heures de bénévolat au sein d'une épicerie solidaire de Liévin, son livret de code jamais loin d'elle, la jeune femme se prépare aujourd'hui à décrocher le précieux sésame.

Publié le lundi 05 avril 2010 à 06h00 sur nordeclair.fr
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GAËLLE CARON